Le logement social veille désormais sur la ligne 12 du métro à Paris

Logis-Transport vient d’acquérir 36 nouveaux logements à Paris. Ils offrent un confort de vie et une situation attractive, à deux pas des transports en commun et ouverts sur un parc public.

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En passant rue Desnouettes dans le 15e arrondissement de Paris, on peut apercevoir au 43 bis une touche verte qui vient colorer les immeubles traditionnels en pierre. Le reste du bâtiment tout en longueur, recouvert quant à lui d’acier, rajoute un éclat de lumière et de modernité. Nous sommes arrivés au nouveau poste de commandement centralisé de la ligne 12 du métro et à la résidence sociale de quarante sept logements répartis, le long de la voie intérieure, en quarte cages successives sur quatre niveaux.

Fidèle à sa politique, Logis-Transports a été séduite par l’idée de pouvoir faire cohabiter des logements sociaux, inscrits dans un environnement paysagé largement accentué et un équipement tertiaire RATP dans ce bâtiment plein d’histoire. Les cages A et B sont proposées à la location par Logis-Transports, la cage C par Paris Habitat et la cage D par Arc Promotion. Cette dernière cage est destinée à l’accession à la propriété.

La construction repose sur un niveau de parkings communs en sous-sol. Les éléments verts en porte-à-faux, les terrasses et des jardins privatifs viennent rythmer le projet. L’ensemble des logements répond aux certifications Qualitel et Habitat et Environnement (H&E) option Très Haute Performance énergétique grâce notamment au chantier propre, aux produits de construction et à la gestion des déchets. Le label bâtiment de basse consommation (BBC) récompense les efforts réalisés en termes de consommation d’énergie pour le chauffage, la ventilation, l’eau chaude sanitaire, l’éclairage, etc. Le programme met, une fois de plus, l’accent sur la mixité sociale (PLUS, PLAI et PLS).

Le fruit d’une longue réflexion

Ce nouveau projet ambitieux – qui concilie design contemporain, qualité, environnement et respect de l’histoire – est ouvert sur le futur parc public aménagé par la Ville de Paris dans l’emprise de la petite ceinture. La RATP est maître d’ouvrage et la maîtrise d’ouvrage déléguée a été confiée à la SEDP. Le projet est le fruit d’une longue réflexion de la RATP qui a été concrétisé grâce à la rencontre de deux hommes. Celle de Rémi Feredj, Directeur du département des espaces et du patrimoine de la RATP et Président de Logis-Transports et d’Emmanuel Saadi, architecte. « Nous avons fait connaissance lors du concours rue des Maraîchers lancé par la RATP. Mon projet n’a pas été retenu, mais ça m’a permis de travailler sur le projet rue Desnouettes », confie l’architecte.

Emmanuel Saadi fait appel a quelque chose qui appartient au monde de l’enfance. Petit, il cherchait à faire tenir un cube sans qu’il ne tombe. Ici, il a joué le jeu de la réalité constructive.

 

Un environnement paysagé largement accentué

Le projet concilie également des contraintes fonctionnelles de circulation et d’accès tout en créant un environnement de qualité et une identité forte liée à l’histoire de la parcelle et à la présence de la petite ceinture. C’est pour ces raisons qu’une « villa » urbaine se déroule de la rue Desnouettes à l’espace paysager de la petite ceinture, elle donnera donc accès aux différents programmes et oriente ensuite le piéton dans la profondeur de la parcelle vers le nouveau square. La ligne de la petite ceinture est l’ancienne ligne de chemin de fer à double voie longue de 32 kilomètres autour de la capitale. Désaffectée depuis les années 80, elle sera reconvertie en square.

L’objectif est de créer un ensemble homogène tout en respectant l’identité des deux programmes, et ce grâce à une écriture architecturale cohérente et à la constance de certains matériaux. Il s’agit, notamment, de gommer la limite entre le bâti et l’aménagement paysager, et de réaliser un projet global. L’originalité du projet est renforcée par la présence de cellules photovoltaïques sur la façade la résidence sociale ce qui permettra de générer de l’électricité grâce aux rayonnements du soleil et réduire ainsi la facture énergétique des locataires.

 

Photo : D.R.

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Shoichi Hasegawa, l’empreinte indélébile

Venu du Japon dans les années 1960, cet artiste japonais n’a cessé d’étendre son art à travers les techniques, les supports et les continents. Etat des lieux.

Shoichi Hasegawa en pleine séance de travail.

Shoichi Hasegawa en pleine séance de travail.

Pour avoir une idée plus précise de la peinture, la gravure contemporaine et la peinture sur verre, rendez-vous est pris au 2 bis rue Danton, logement 261 de la résidence Logis-Transports, à Montrouge. Ainsi va la vie de Shoichi Hasegawa, partagée entre le Japon, son pays d’origine, et la France, le pays qu’il a choisi. À ma sortie de l’ascenseur, sa femme vient m’accueillir. Avec elle, mon voyage au Japon commence. Tradition oblige, je laisse mes chaussures à l’entrée. Derrière la porte, je l’aperçois devant sa toile, le sourire au visage.

Un petit coin de paradis
Son petit studio fait office d’atelier. La salle à manger est transformée en espace de travail. Les pots de pigments naturels et les récipients de peintures ont trouvé leur place sur une partie de la table. Le radiateur ne sert plus à chauffer la pièce, mais fait office de support pour les quelques toiles vierges qui attendent patiemment leur tour pour servir l’imagination du peintre. Un peu d’eau au fond d’une pierre creuse, Shoichi Hasegawa y frotte le pain d’encre de chine qui commence à se diluer. Après plusieurs aller-retour rythmés par le grincement du pain sur la pierre, l’encre est prête à l’emploi. « Je n’utilise que de l’encre de chine et des minéraux qui viennent du Japon, assure-t-il. C’est la tradition. Il suffit de rajouter de l’eau et une colle spéciale pour obtenir la peinture fabriquée par mes ancêtres depuis toujours. Je ne fais que reproduire ce qu’on m’a appris. Cette préparation sur le papier japonais donne de la profondeur à mes toiles. »

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Le pinceau à la main, Shoichi Hasegawa caresse de son pinceau la toile avec un geste sûr. C’est un rituel pour cet artiste de 83 ans. « J’ai été attiré par la peinture dès mon jeune âge. Par la suite, j’ai observé mon oncle qui faisait de la calligraphie. Je n’ai pas eu envie de faire comme lui, mais inconsciemment le choix de l’encre de chine et la représentation de la calligraphie dans certaines de mes œuvres ont été influencés par ma curiosité d’enfant », explique-t-il sans interrompre sa peinture. Ses peintures nous parlent de l’homme, de ses émotions et de sa vie. La délicatesse des couleurs, la transparence des fonds, la construction des dessins plus évocateurs que précis nous proposent un espace de liberté dans lequel se mêle l’affectif et l’imaginaire.


Ses toiles sont un mélange de savoir-faire acquis dans sa jeunesse grâce à Koga, son professeur, et d’un apprentissage qu’il a eu lors de son passage à l’Atelier 17 (atelier de gravure créé par Stanley William Hayter lors de son installation à Montparnasse au 17 rue Campagne-Première, d’où le nom d’atelier 17 qui deviendra célèbre dans le monde entier). La technique de la gravure n’existant pas au Japon, il devait donc venir en France. Visa étudiant en poche, il choisit l’Atelier 17. « Je suis fier d’avoir appris la gravure avec Stanley William Hayter et d’avoir eu le même professeur que Picasso », ajoute-t-il. Il a pu ainsi découvrir des procédés très contemporains. « L’atelier 17 possède sa propre technique de gravure. On peut, à la différence d’autres, imprimer plusieurs couleurs sur une même plaque et obtenir ainsi un résultat surprenant », explique-t-il, une gravure à la main.

Sa première vie
Après la Seconde Guerre mondiale, Shoichi Hasegawa débuta sa vie professionnelle comme télégraphiste au bureau de poste local. Pendant dix ans, c’était son gagne pain. « J’avais besoin de faire ce travail pour pouvoir subvenir à mes besoins financiers. Sans la télécom, je n’aurai jamais pu partir à Tokyo. » En effet, pour pouvoir pratiquer son activité favorite, la peinture, il prit la décision de quitter sa ville natale, Yaizu. Le choix de Tokyo fut décisif. « Pour progresser et tracer son chemin dans l’art, il faut aller à la capitale. C’est partout pareil », rétorque l’artiste. C’est aussi la raison pour laquelle il a choisi la France.
Hasegawa-6A 83 ans, Shoichi Hasegawa n’a donc plus rien à prouver. Ses œuvres sont vendues dans le monde entier et certaines sont exposées dans des musées internationaux. Pour autant, tout n’est pas encore achevé pour notre artiste plein d’énergie. Après la peinture sur toile, la peinture sur verre, la gravure, Shoichi Hasegawa s’est fixé depuis deux ans un nouvel objectif : la peinture sur céramique, matière qu’il connaît peu mais qu’il manipule depuis son enfance. Cette quête permanente de l’apprentissage, de la découverte, de la recherche et de la perfection poussera certainement notre artiste vers d’autres défis… et qui sait peut-être vers les arts numériques.

Hicham Abou Raad

Quelques étapes…
1950 : Première exposition (Schizuoka)
1959 : Exposition Galerie Tokyo (Tokyo)
1964 : Galerie Philadelphie (Paris)
1976 : Goodman Gallery (Johannesburg)
1983 : Galerie Raphaël (Francfort)
1991 : Création d’une médaille en or pour la Monnaie de Paris
2008 : 150e anniversaire des relations franco-japonaises (Vétheuil)
2012 : Espace Jourdain (Paris)

Logismag, janvier 2013

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Château Kefraya Comte de M 2010 par Michel Bettane

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Le 6 juin, Michel Bettane (bettane+desseauve), le célèbre dégustateur a goûté le Comte de M 2010 du Château Kefraya. Ci-dessous son commentaire très positif qui prévoit un grand avenir aux grands vins libanais sur la scène mondiale.

« C’est très joli. Le vin est très élégant et très frais. Le tannin est fin, le boisé aussi. Il n’y a pas d’éléments cuits. Beaucoup de fraîcheur dans les arômes et la texture est assez suave. Le vin est très pur sur le plan œnologique. Je n’aurai jamais mis ça au Liban, en revanche. Cette élégance, j’aurai mis ça à Bordeaux. Il y a une grande évolution par rapport aux millésimes précédents. Excellent vin. »

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Le vin libanais à Vinexpo

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Vinexpo, le plus grand salon international du vin et des spiritueux, rassemble chaque année des vins et des vignerons venus des quatre coins du monde. On y trouve des régions viticoles incontournables comme la France, l’Italie, l’Espagne ou les Etats-Unis, mais aussi le Liban. Ce pays est moins connu, mais qui n’a pas fini de faire parler de lui.

Berceau mondial du vin dont la longue histoire viticole remonte à plusieurs milliers d’années. Les Phéniciens exportaient déjà leur vin, 3000 ans avant notre ère. Dans les années 60, le Liban ne comptait que trois grands producteurs « historiques » Château Kefraya, Château Ksara et Château Musar. Depuis les années 90, après 15 ans de guerre, le pays s’est patiemment attelé à reconstruire sa viticulture. Aujourd’hui, une quarantaine de domaines cultivent 2 000 hectares de vignes, produisant 8 millions de bouteilles. Si les tristes aléas de l’histoire ont parfois freiné le développement de la production, elle revient aujourd’hui sur le devant de la scène avec force. Fabrice Guiberteau, l’œnologue et directeur technique du Château Kefraya, confirme que le salon bordelais est l’occasion « de consolider nos positions à l’international et de solliciter de nouveaux distributeurs. »

Le 6 juin, Michel Bettane (bettane+desseauve), le célèbre dégustateur a goûté le Comte de M 2010 du Château Kefraya. Ci-dessous son commentaire très positif qui prévoit un grand avenir aux grands vins libanais sur la scène mondiale.

Château Kefraya, Comte de M 2010 :« C’est très joli. Le vin est très élégant et très frais. Le tannin est fin, le boisé aussi. Il n’y a pas d’éléments cuits. Beaucoup de fraîcheur dans les arômes et la texture est assez suave. Le vin est très pur sur le plan œnologique. Je n’aurai jamais mis ça au Liban, en revanche. Cette élégance, j’aurai mis ça à Bordeaux. Excellent vin. »

Crédit Photo : Frédéric Desmesure & Philippe Labeguerie

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Liban : le vin consensuel

De la région de Batroun à celle de la Beqaa, du Mont Liban au Sud Liban, 29 domaines seront à Paris vous présenter le vin libanais avec fierté.

Le port de Jbeil.

Le port de Byblos.

Le Liban, pays au 18 confessions et à la démocratie consensuelle, a fortement œuvré pour placer ses vins dans la modernité, notamment en adhérant à l’OIV, ce dont le directeur, Federico Castellucci se félicite. Pour ce dernier cette journée constitue une « initiative importante qui permet de mieux appréhender l’histoire, la culture et la qualité d’une production ancienne et dynamique. Le Liban, pays membre actif de l’OIV s’est toujours appuyé sur ses recommandations pour développer sa viticulture et l’élever au meilleur niveau des vins marqués par des terroirs uniques et un climat spécifique ».

Au commencement était la vigne et le Liban son berceau. Pour la première fois, les producteurs libanais les plus prestigieux ou les plus novateurs font salon, le 14 mai, au George V à Paris. Un événement organisé par le Ministère de l’Agriculture sous le Patronage du Président de la République Libanaise Michel Sleiman, et en partenariat avec l’Office international de la Vigne et du Vin (OIV). Le Ministère de l’Agriculture joue un rôle prépondérant pour la législation en faveur du rayonnement des vins libanais à travers le monde.

29 ambassadeurs aux styles différents illustrent la richesse du « grenier » libanais, venez les déguster pour les départager !
Batroun : Sanctus, Atibaïa, Coteaux de Botrys, Ixsir, Batroun Mountains et Aurora Winery
Bekaa : Château Qanafar, Château Marsyas, Château Kefraya, la Cave Kouroum, Clos Saint-Thomas, Château Héritage, Château Ka, Château Nakad, Vin Caprice, le Domaine des Tourelles, Massaya, Château Ksara, Domaine Wardy, les Coteaux du Liban, le Domaine de Baal, Château Khoury
Mont Liban : Château Florentine, Oumsiyat, Le Monastère Saint Jean, Château Fakra, Musar, Adyar
Sud Liban : Karam Winery

Malgré sa taille modeste, le Liban jouit d’une grande diversité de zones géographiques et climatiques. 2 régions sont particulièrement propices à la culture de la vigne et figurent parmi les plus anciennement cultivées.

La région du Mont Liban, sur les contreforts de la chaîne montagneuse du même nom, le long de la côte. Elle bénéficie pour sa partie occidentale qui regarde la mer, d’un climat typiquement méditerranéen, baigné d’influences maritimes tempérant les ardeurs du soleil et favorisant une maturation optimale des raisins. A l’Est, ses pentes orientées plein Ouest, regardent la plaine de la Beqaa.

Entre les deux chaînes du Liban et de l’Anti-Liban, cet étroit ruban de 10 km de large sur 120 de long à dominante argilo-calcaire constitue la plus importante zone viticole notamment autour de Zahlé, la principale ville. Cette région produit 95 % de la production de vin libanais. Cette plaine fertile est remarquablement irriguée par les eaux dévalant des deux barrières montagneuses qui la bordent et la protègent, et qui alimentent le Litani, son principal fleuve nourricier. Située à 1000 mètres d’altitude et bénéficiant d’un climat semi-continental aux saisons bien tranchées, elle engendre des vins remarquables. Ici, l’ensoleillement diurne et les nuits fraîches génèrent une amplitude thermique importante, propice à une harmonieuse maturation des baies.

Les vins libanais sont exportés principalement en Europe, aux USA et au Canada.

N’oubliez pas que la toute première édition des Vins du Liban en France, organisée par l’agence Force 4, aura lieu le mardi 14 mai au sein du prestigieux hôtel George V Four Seasons. Venez nombreux.

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Bargylus et Marsyas : des vignobles et des guerres

Les obus, les blessés et les morts, c’était le quotidien du Liban. Aujourd’hui, comme par fatalité, c’est celui de la Syrie. Le destin sanglant de ces deux pays est fortement lié, mais pas seulement.

Sandro et Karim Saadé

Sandro et Karim Saadé

La famille Saadé, originaire de Syrie, est installée au Liban depuis longtemps. Chez les Saadé, le monde des affaires est un héritage familial qui remonte au XVIIIe siècle. Le grand-père, Gabriel, était impliqué dans le commerce des matières premières et l’exploitation agricole. Le père, Johnny, a fondé un petit empire de transport maritime et terrestre. Les deux fils, Sandro et Karim, viennent de reprendre les commandes et se lancent dans la production de vin. Une passion.
Rien n’est laissé au hasard. Leur double origine, syrienne et libanaise, a imposé l’achat de terres aussi bien dans la plaine de la Bekaa au Liban que sur le Mont Bargylus, en Syrie. Pour les conseillers, ils font appel à Stéphane Derenoncourt, consultant bordelais qui suit les deux domaines.

Château Bargylus, coupé du monde

Domaine Bargylus

Domaine Bargylus

En Syrie, le lieu « Mont Bargylus », aujourd’hui connu sous le nom de Jebel Al-Ansariyé, a donné son nom au vignoble. C’est dans l’histoire romaine que les deux frères ont fouillé pour faire renaître le vin qui était expédié par les Phéniciens et les Romains en Egypte, en Grèce et à Rome. Le vignoble faisait déjà la gloire de la région il y a 2 000 ans.
Situé dans l’arrière pays de Lattaquié, le vignoble s’étend sur 2 000 m2 à 900 mètres d’altitude, une situation favorable avec des différences importantes de température entre le jour et la nuit, favorisant ainsi la naissance des arômes. Les vents marins venus de la Méditerranée favorisent les pluies. Les étés sont raisonnablement chauds ; ce qui permet d’obtenir de longues et bonnes maturités. Les automnes, souvent précoces, favorisent une lente maturation phénolique tout en préservant l’acidité des raisins et leur fraîcheur aromatique.
Le vignoble est aussi situé sur une faille géologique. D’un côté, les sols sont calcaires, des calcaires exceptionnels ; de l’autre, le calcaire se mêle à des silex ce qui exalte la minéralité des vins. Les liens entre ces deux sensibilités de la terre sont les argiles. Elles forgent la personnalité et la complexité des rouges.
Tout est beau, et pourtant… L’environnement politique actuel rend le travail et le suivi très compliqué. Impossible pour les deux vignerons de se rendre en Syrie. La situation est particulièrement dangereuse. Le travail est assuré par l’équipe locale restée sur place et des échantillons sont régulièrement analysés en France par leur consultant bordelais. Le résultat est plus que satisfaisant.
BargylusBottle_Red2009BargylusBottle_White2009Le rouge (40% syrah, 35% cabernet sauvignon, 25% merlot) est puissant, chaleureux, alcoolisé avec une finale mentholée et élégante, équilibrant cet alcool.
Le blanc (60% chardonnay, 40% sauvignon blanc) est remarquablement équilibré, l’amertume est bien maîtrisée. Le vin est assez long et agréable.

 

 

Château Marsyas, au jour le jour
Au Liban, le choix était plus simple. Une plaine ? Non. Un plateau qui s’étend du nord au sud du pays, entre le Mont Liban et l’Anti-Liban, à une altitude qui frise les 1000 mètres. Le domaine s’étend sur 50 hectares. Les alluvions accumulées ont engendré un sous-sol calcaire compact, une roche-mère couverte par une pellicule de terre de 40 à 50 cm. Ce sol rouge qui trahit la présence de fer et des pierres blanches, forment un ensemble argilo-calcaire favorable à la vigne.
La singularité de ce terroir réside donc dans ces calcaires qui transcendent les arômes classiques des cépages. Ce même calcaire oblige les racines de la vigne à puiser en profondeur dans la terre à la recherche des éléments nutritifs dont elle a besoin.
Au climat aride, s’ajoute la situation politique complexe du pays du Cèdre. Elle n’est pas aussi dramatique qu’en Syrie, pour le moment en tout cas. Personne ne peut savoir ce que réserve l’avenir dans un pays régit par 18 communautés différentes.
Le rouge (50% cabernet sauvignon, 30% syrah, 15% merlot, 5% petit verdot) est un grand vin complexe, mentholé et réglissé. La texture est suave, grande longueur, magnifique classe. Un grand cru méditerranéen.
Capture d’écran 2013-02-22 à 15.24.42Le blanc (60% chardonnay, 40% sauvignon blanc) est frais avec un côté légèrement beurré apportant au vin une belle structure en bouche. Parfums de pêches blanches, litchis et fruits de la passion. Finale longue.
Au final, rien n’est facile et pas aussi simple. Pour faire un bon vin, certains sont dépendants des aléas du climat alors que d’autres sont otages d’une situation géopolitique très complexe.

Hicham Abou Raad

Tarifs
Château Marsyas blanc 2010 : 24 €
Château Marsyas rouge 2009 : 32 €
Domaine de Bargylus blanc 2008 : 25 €
Domaine de Bargylus rouge 2007 : 35 €

Points de vente (France)
Lavinia
Caves Legrand
Caves Augé
Wine by One
Taillevent
Wineandco

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Le vin libanais a trouvé son guide

Le vignoble libanais est en pleine renaissance. Aujourd’hui, une quarantaine de domaines produisent du vin alors qu’on en comptait à peine cinq au début des années 90. Pour s’y retrouver dans cette offre nouvelle, riche et diverse, le mensuel francophone libanais Le Commerce du Levant s’est associé à la maison d’édition Tamyras pour publier le premier guide consacré aux vins du Liban(1). Edition bilingue français-anglais, il présente l’intégralité des vignobles, région par région, ainsi que les principales attractions touristiques et adresses d’hôtels et de restaurants nécessaires à la bonne découverte du patrimoine libanais.

S’il liste évidemment, au long d’un parcours ponctué d’une quarantaine de caves, les caractéristiques techniques (superficie, encépagement, rendement, etc.) et historiques des plus grandes marques (Kefraya, Ksara, etc.) comme des vins de garage (Château Marsyas, Domaine de Baal, etc.), ce guide recense également les caves de demain et les vignobles tenus dans le monde entier par des Libanais de la diaspora. On y découvrira aussi l’histoire du vignoble libanais depuis l’Antiquité jusqu’à nos jours, les mots du vin en arabe, des cartes des régions concernées et un calendrier des manifestations vinicoles de l’année…

Parce que produire du vin n’est pas la seule condition nécessaire à l’entrée d’un pays dans le club des « châteaux » de qualité, l’équipe du guide Zawaq a réuni pour la première fois, à Beyrouth, un jury d’experts internationaux afin d’évaluer l’ensemble de la production libanaise. C’est sur la base des résultats plus que probants obtenus lors de cette dégustation à l’aveugle, qui s’est tenue pendant trois jours à l’hôtel Le Gray(2), que le guide présente sa sélection des 100 meilleurs vins du Liban avec, pour chaque cru, une note de dégustation détaillée. Pour guider les lecteurs dans leurs choix, le jury a également décerné des mentions « Coup de Cœur » et « Best Deal ».

Le guide Zawaq (416 pages) est disponible en France.

Diffusion : L’Oiseau Indigo

27 euros (Prix public).

(1) L’auteur, Muriel Rozelier, est une journaliste qui collabore au magazine Le Commerce du Levant depuis 2008. Elle est également l’auteure du livre Une Vie de pintades à Beyrouth (Calmann-Levy). Les images sont signées du photographe indépendant Grégory Demarque, installé au Liban depuis 2006. Auparavant basé à Paris, il a notamment travaillé pour Sipa Press et réalisé une exposition au sénat français sur les tirailleurs sénégalais.

(2) L’hôtel Le Gray a souhaité, dès le démarrage du projet, y apporter son aide et sa contribution : « Depuis son ouverture à Beyrouth en 2009, Le Gray n’a cessé de participer à la promotion du Liban dans le monde. Un de ses objectifs a toujours été de faire de Beyrouth une destination incontournable grâce à ses atouts touristiques, mais également et surtout de miser sur les caractéristiques uniques qui ont fait du Liban ce qu’il est : sa culture, son patrimoine, etc. Le guide Zawaq met en valeur une production vinicole libanaise admirable. Et nous, Le Gray, sommes absolument fiers de participer à cette initiative. »

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Vins et levantins

Terre de soleil, la Phénicie produit et exporte du vin autour de la Méditerranée depuis quatre mille ans. Tradition perpétuée depuis 1960 par les chrétiens. Aujourd’hui, le Liban compte une majorité musulmane et, pourtant, on y produit toujours du vin. État des lieux.

L’entrée de Jbeil, au Nord de Beyrouth, premier port Phénicien, d’où partait déjà le vin, il y a quatre mille ans.

L’après-midi commence tout juste. Nous venons de franchir la douane à Rafic-Hariri, l’aéroport international de Beyrouth. À notre gauche, un espace consacré exclusivement à la vente d’alcool. Du champagne, du whisky, de l’arak, un anisé libanais, et du vin. Bienvenue au Liban, pays arabe et multiconfessionnel. « Boire de l’alcool est ancré dans les mœurs aussi bien chez les chrétiens que chez les musulmans. Les ventes d’alcool chutent pendant le ramadan comme pendant le carême. D’ailleurs, certains viticulteurs sont musulmans », commente Hady Kahalé, directeur général d’Ixsir, vignoble que possède au Liban Carlos Ghosn, le PDG de Renault.

Michel de Boustros.

Michel de Boustros, fondateur et président-directeur général de Kefraya, grand producteur, a son idée sur l’origine du vin au Liban : « Bacchus, dieu de la vigne et du vin, a un temple à Baalbek, dans la plaine de la Bekaa. Jésus y a transformé l’eau en vin à Cana. Les Phéniciens, 4 000 ans avant Jésus-Christ, en ont produit et l’ont exporté à travers la Méditerranée. Au Moyen Âge, les marchands vénitiens l’ont commercialisé. Et c’est grâce aux jésuites qui, en 1857, ont introduit de nouvelles vignes et méthodes de production, que le vin a pris une dimension industrielle. »

Le vignoble d’Ixsir à Jezzine, au Sud du liban.

Le site romain de Baalbek, dans la plaine de la bekaa, où se trouve le temple de Bacchus.

Les vignes du village de Btedhi dans le nord de la plaine.

Depuis les années 1930, la viticulture libanaise, principalement dans la vallée de la Bekaa, a connu une renaissance grâce à la famille Hochar, propriétaire de Château Musar, et à Michel de Boustros, de Château Kefraya.

Un climat fait pour ça
La situation et le terroir de la vallée de la Bekaa sont remarquables. Protégés à l’ouest de l’humidité méditerranéenne par le mont Liban, et à l’est de la chaleur du désert syrien par l’Anti-Liban, les vignobles sont plantés à partir de 850 mètres d’altitude dans un sous-sol argileux. Les conditions climatiques y sont idéales : soleil  près de 300 jours par an, la Méditerranée comme régulateur thermique,  hivers pluvieux et étés secs et chauds, parfois très chauds. Les variations de température sont très importantes. Sur une surface viticole aujourd’hui d’environ 2 000 hectares,  les cépages dominants sont essentiellement ceux des vignobles français : cinsault, carignan, grenache, merlot, cabernet sauvignon en rouge, marweh et obeidy (ces cépages auraient été rapportés par les Croisés en Europe et seraient les ancêtres du chardonnay et du sémillon), ugni blanc, chardonnay, muscat, viognier et clairette en blanc. Les vignes sont implantées sur des versants sud-est et nord-ouest de la plaine de la Bekaa à proximité du lac Qaraoun. Le sol est alluvial sur un sous-sol calcaire, les pentes, faibles. Les vendanges restent manuelles. L’oïdium est la seule maladie redoutée ce qui favorise une production importante de raisins bio.
Dans les années 1960, le Liban comptait tout juste trois producteurs de vin : Ksara, Château Muzar et Kefraya. Mais depuis une dizaine d’années, après la guerre sanglante qui a ravagé le pays de 1975 à 1990, le nombre de vignerons augmente sans cesse, pour atteindre en 2011 une trentaine de domaines, comme ceux de Wardy, Baal, Coteaux de Botrys, Clos Saint-Thomas, Clos de Cana, Domaine des Tourelles, Château Khoury, par exemple. Investisseurs et hommes d’affaires libanais cherchent, par intérêt financier ou par passion, à investir dans ce secteur en plein essor. Les deux tiers du marché local sont tenus par Ksara et Kefraya. Château Muzar est, lui, celui qui exporte le plus.
Ce développement de la viticulture après la guerre est dû en particulier au programme, Culture de substitution, initié par l’Union européenne, le gouvernement libanais et d’autres pour remplacer les plantations de pavot par de la vigne. Cette initiative a redonné aux agriculteurs de la région, et principalement à ceux de la plaine de la Bekaa, un intérêt financier, à délaisser le pavot pour se consacrer à la culture, elle, légale, de la vigne.

Le vin supplante l’arak
Actuellement, la plupart des producteurs de vin font appel à des viticulteurs pour l’achat de raisin. « C’est une pratique très répandue au Liban, mais pas au Château Marsyas », explique le propriétaire du domaine, Sandro Saadé. Certains, comme Ixsir, qui achète la grande majorité de son raisin chez d’autres viticulteurs, en ont fait une philosophie. « Avec l’achat de raisin, nous contribuons à faire vivre plus de deux cents viticulteurs. C’est notre manière de participer au programme de développement », souligne de son côté Hady Kahalé. À Château Kefraya, on s’impose une limite géographique. Le raisin produit et acheté provient uniquement de parcelles situées autour du village de Kefraya, confirme Fabrice Guiberteau, l’œnologue du château.

Karim et Sandro Saadé devant le vignoble du Château Marsyas, dans la plaine de la Bekaa.

L’augmentation de la consommation accompagne le développement de la viticulture. « Nous assistons au Liban à une progression de la consommation de 10 à 15 % par an. Aujourd’hui, la demande de vin dépasse de loin la production », remarque Émile Majdalani, directeur commercial de Kefraya. Et les alcools, traditionnelllement prisés par les Libanais, changent également. Les gens délaissent l’arak et le whisky pour se tourner vers le vin. Pour Sandro Saadé cela annonce qu’« une culture du vin s’installe au Liban ».
En moyenne, plus de 65 % de la production est vendue sur le marché local. Cependant, des petits producteurs  préfèrent privilégier les ventes à l’export. C’est la stratégie commerciale adoptée par Sébastien Khoury, propriétaire du Domaine de Baal. « Dans les périodes d’instabilité politique ou de conflits internes ou externes, nous remarquons une chute de la consommation. Pour nous, petits producteurs, notre stabilité financière nous oblige à délaisser en partie le marché local et à privilégier ceux extérieurs plus stables comme la France, l’Australie ou bien la Suisse. »

Le chai de Château Kefraya.

Le Domaine de Baal au vignoble en terrasses et à l’architecture typique des maisons anciennes.

Sans parler de l’absence de réglementation, le secteur du vin n’est pas à l’abri des difficultés auxquelles les Libanais sont confrontés au quotidien. « Faire du vin au Liban est une bataille quotidienne contre les aléas de la politique, de la nature et des hommes », assurent Karim et Sandro Saadé, les deux frères propriétaires du domaine Marsyas. La main-d’œuvre qualifiée y est très rare, le savoir-faire également. Ce qui nécessite une formation permanente d’ouvriers qui ne sont pas forcément fidèles. La prévoyance est une obligation. L’ensemble du matériel vient de l’étranger et arrive par bateau. Les tensions perpétuelles avec le voisin du Sud et la réquisition par le Hezbollah de terrains stratégiques rendent la vie de certains viticulteurs encore moins facile. Les prêts accordés par les banques, toujours de très courte durée, ne permettent pas le fi-nancement d’une telle activité.

Des Temps difficiles
Avec la chute du gouvernement de Saad Hariri, fils de Rafic Hariri assassiné en 2005 en plein centre de Beyrouth, le pays a de nouveau plongé dans la précarité politique jusqu’à la nomination récente d’un nouveau Premier ministre, Najib Mikati, qui après cinq mois de négociations, a formé mi-juin son gouvernement. « Cette instabilité permanente au Liban a une influence directe sur le secteur viticole. Le décret qui prévoit la création de l’Institut de la vigne et du vin a été voté par les députés en 2000, mais il est encore bloqué au ministère de l’Agriculture et, donc, toujours pas en application », se désole, pour sa part, Karim Saadé.
Tandis que certains laissent entendre de leur côté que ce retard arrange une partie des producteurs, bien incapables de s’adapter à ces nouvelles règles, si elles étaient instaurées.
Membre de l’Office International de la Vigne et du Vin, depuis 1995, le Liban a vu la création, deux ans plus tard, de l’Union vinicole du Liban (UVL) pour défendre l’image de son vin à travers le monde. Serge Hochar, propriétaire de Château Muzar est le président ; Michel de Boustros, le vice-président. Sur la trentaine de producteurs qui existe, une douzaine y adhère. Château Marsyas n’a pas rejoint l’UVL, Sandro Saadé justifie ainsi ce choix : « Il est inutile pour nous d’intégrer l’UVL tant que l’appellation d’origine contrôlée n’est pas en vigueur au Liban. C’est notre façon de faire pression pour que les choses changent. »
Pourtant, cette absence de réglementation commence à inquiéter certains producteurs qui redoutent, avec l’augmentation importante et non contrôlée du nombre de viticulteurs, l’anarchie et la dégradation de l’image du vin libanais à l’étranger.

Des cépages nobles
La production de vin au Liban est peu importante : six millions de bouteilles chaque année. Cette quantité limitée oblige les viticulteurs à s’intéresser à la qualité. « Nous allons de plus en plus vers une suppression des vins d’entrée de gamme pour nous concentrer sur le haut de gamme. Cette stratégie est mise en place avec l’arrachage de cépages moins qualitatifs, remplacés par d’autres plus nobles », analyse Hady Kahalé. Quant à l’export, le vin libanais se porte très bien. Présent dans plus de trente-cinq pays dans le monde, la France réprésente, avec 10 % des exportations, son premier marché, suivi par ceux du Canada et de l’Australie où vit une importante communauté libanaise. Sans oublier les pays du Golfe, comme le Qatar ou les Émirats Arabes Unis où le Liban exporte également 10 % de sa production. Il semble que l’Arabie Saoudite soit un très gros investisseur dans le secteur du vin au Liban.
Il existe aussi au Liban, une trentaine de caves qui fait, chacune dans son style, un travail formidable et des vins de qualité, dans des conditions compliquées, avec dix-huit confessions différentes et des voisins pas toujours commodes. En particulier avec la Syrie, où la situation est de plus en plus instable.
Le vin libanais arrivera-t-il a surmonter cette instabilité politique qui provoque une impasse économique ? « Yalla (allez), comme Dieu le veut », disent, avec un rien de fatalisme, les viticulteurs libanais.

Les vins libanais par Michel Bettane

Château Marsyas, ­­rouge 2008
Grand vin complexe, mentholé, réglissé, texture suave, grande longueur, magnifique classe, du grand cru méditerranéen.
16/20   

Château Kefraya, Comte de M, rouge 2007
Bon boisé, sérieux, encore astringent, finale mentholée, vin soigné.
13,5/20

Château Kefraya, rouge 2007
Riche en alcool et en tanin, mais finale raide, révélatrice d’un stress hydrique du raisin.
13/20

Myst de Château Kefraya, rosé 2010
Joli fruité, finale plus épicée, saveur de bonbon.
13/20

Ixsir, Grande Réserve, rouge 2008
Beaucoup de puissance, tanin asséchant, mais sa vinosité lui permettra de vieillir.
14/20  

Ixsir, Altitudes, blanc 2009
Nez expressif et un peu anisé, vif, pas très dense, ni très généreux, mais propre et désaltérant.
13/20

Ixsir, Altitudes, rosé 2009
Floral fin au nez, souple, facile, finale trop bonbon, mais néanmoins plaisante.
13/20

Domaine de Baal, rouge 2007
Belle intégration du boisé, suave, assez long, complexe. Bravo.
16/20  

Domaine de Baal, blanc 2008
Une note de fenouil, gras, doux et onctueux, bien vinifié, mais sans grande personnalité.
13,5/20 

Bargylus, rouge 2007
Puissant, chaleureux, alcoolisé, finale mentholée et élégante équilibrant cet alcool.
15,5/20

Bargylus, blanc 2008
Remarquablement équilibré, amertume bien maîtrisée, assez long, agréable.
14/20

Série limitée Les Echos, N°99 ou sur www.lesechos.fr

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